Ottawa 2020

Plan de gestion de la qualité de l'air et des changements climatiques


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Sommaire

Le présent Plan de gestion de la qualité de l'air et des changements climatiques complète la Stratégie environnementale adoptée par le Conseil municipal en octobre 2003. Il place les questions de changements climatiques et de qualité de l'air propres à la Ville dans leur contexte, propose un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour l'administration municipale et les résidents et décrit les mesures que la Ville devrait prendre pour atteindre le but visé. Celui-ci maintient l'engagement des anciennes municipalités à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 p. 100 par rapport aux niveaux de 1990 et devrait être atteint d'ici 2007 par la Ville d'Ottawa et d'ici 2012 par les résidents. Les émissions produites par la collectivité posent le plus grand problème en raison de la croissance de notre population et de la hausse de la consommation d'énergie par habitant depuis 1990. Par exemple, entre 1990 et 1998, les émissions dégagées par la collectivité ont augmenté de 43 p. 100 pour totaliser neuf millions de tonnes d'équivalent de dioxyde de carbone (eCO2). Cet état de fait exige l'adoption d'un ensemble complet de mesures, depuis l'aménagement du territoire jusqu'à la réutilisation des ressources en passant par une réduction de la consommation. Jusqu'à présent, c'est la Ville qui a donné l'exemple. Au cours de cette période, elle a réduit ses émissions de 12 p. 100. Si les mesures que propose ce plan sont mises en oeuvre, nous serons sur la bonne voie et nous réussirons à faire notre part.

La pollution atmosphérique est étroitement liée à la combustion de carburants fossiles, laquelle entraîne l'accumulation de gaz à effet de serre. Notre consommation de combustibles fossiles représente aussi 82 p. 100 des émissions de monoxyde de carbone (CO), 57 p. 100 des émissions d'anhydride sulfureux (SO2), 90 p. 100 des émissions de monoxyde d'azote (NO) et 62 p. 100 des émissions de composés organiques volatils (COV). Ces émissions peuvent avoir de graves effets sur la santé. Une capacité pulmonaire réduite chez les enfants, l'asthme chez les résidents de tous âges, les maladies cardiovasculaires (crises cardiaques et accidents cérébrovasculaires), le cancer, l'immunodéficience et une insuffisance de poids à la naissance figurent parmi les conséquences de la pollution atmosphérique. Les groupes les plus vulnérables sont les enfants, les personnes âgées et les gens qui souffrent de maladies sous-jacentes. L'Ontario Medical Association estime qu'à Ottawa la pollution atmosphérique est la cause de centaines de morts prématurées et de milliers d'admissions à l'hôpital et coûte des millions de dollars en dépenses de santé.

Les conséquences des changements climatiques sont également préoccupantes. Un changement de température a déjà été observé à Ottawa, l'écart enregistré par rapport à la température normale (moyenne sur 30 ans) étant de +1° C, une augmentation qui est deux fois plus élevée que celle qui a été constatée dans le monde pendant la même période (0,5° C). La modélisation de la variabilité du climat à Ottawa nous amène à croire que la ville devrait recevoir plus de pluie verglaçante et de précipitations et connaître davantage de vagues de chaleur. À leur tour, ces variations climatiques se solderont par une mutation de l'écosystème, évolution qui entraînera une perte d'habitat, une fragmentation de l'habitat, l'invasion d'espèces non indigènes qui menaceront le milieu naturel ainsi que l'extinction de certaines espèces. Le présent plan porte surtout sur l'atténuation des changements climatiques et propose des mesures d'adaptation, lesquelles seront cependant abordées de façon plus complète dans un des documents de travail de ce plan.

Les mesures proposées en vue de réduire les gaz à effet de serre et la contribution de notre collectivité aux changements climatiques nous permettront également de réduire les émissions produites par d'autres aérocontaminants. Dans notre atmosphère, l'émission de particules et de gaz, comme le dioxyde de carbone, les oxydes d'azote et le méthane, emprisonne l'énergie à grande longueur d'onde que la terre reflète et rayonne. Cette énergie thermique emprisonnée augmente la température de l'atmosphère et sert de catalyseur à des réactions chimiques entre les gaz présents, comme la formation d'ozone troposphérique (O3). Du fait des activités humaines et de processus naturels, notre consommation d'énergie se répercute sur la qualité de l'air et augmente les changements climatiques qui ont un effet sur l'écosystème et la santé humaine. Le présent plan définit les effets sur la santé de divers aérocontaminants, indique leurs sources principales à Ottawa et propose des mesures permettant de réduire les rejets dans l'atmosphère et les gaz à effet de serre.

À Ottawa, le transport et la consommation énergétique des bâtiments sont chaqu'un responsable d'un taux de 40 p. 100 des gaz à effet de serre de notre collectivité, le reste provenant des déchets produits par la collectivité.

Il faut également attribuer au secteur du transport d'autres émissions d'aérocontaminants, dont plus de 85 p. 100 des émissions totales de NOx, plus de 90 p. 100 de celles de CO, plus de 60 p. 100 de celles de SO2 et des quantités plus faibles de diverses substances carcinogènes. Dans les régions aux routes non revêtues, l'érosion éolienne et l'usage de la route peuvent produire jusqu'à 60 p. 100 de matières particulaires d'un diamètre inférieur à moins de 10 microns (PM10) et 46 p. 100 de matières particulaires de moins de 2,5 microns (PM2,5). L'hiver, les émissions dues aux activités exigeant la consommation de carburants toute l'année, comme le transport, ainsi que celle produites par la consommation de combustibles sur place pour le chauffage (mazout, gaz naturel et bois) et une augmentation des véhicules tournant au ralenti peuvent se traduire par des épisodes de mauvaise qualité de l'air lorsque les masses atmosphériques régionales stagnent. En l'espèce, le principal polluant est la poussière fine. L'hiver, la combustion de bois de chauffage domestique représente environ 19 p. 100 des PM2,5 en Ontario.

Le smog ou la mauvaise qualité de l'air, que ce soit l'été ou l'hiver, peuvent avoir de graves effets sur notre santé. L'anhydride sulfureux diminue la capacité pulmonaire. Les oxydes d'azote irritent les poumons et sont associés aux maladies cardiovasculaires. Le monoxyde de carbone est la cause de défaillances cardiaques et d'infections respiratoires chez les enfants et les personnes âgées. Contrairement aux autres polluants atmosphériques, il n'existe pour les particules (PM) aucun niveau qui soit sans danger. Les effets sur la santé s'étendent aux infections respiratoires, aux maladies cardiovasculaires et au cancer. L'augmentation du niveau de l'ozone troposphérique qui se produit en présence de smog peut se répercuter sur la santé des animaux et des plantes en diminuant les fonctions pulmonaires et immunitaires, en causant de l'asthme, en réduisant la productivité agricole et en augmentant les maladies des arbres.

Les autres sources de pollution atmosphérique comprennent la climatisation domestique, la décomposition des matières organiques, l'industrie (qui émet 150 p. 100 de particules totales de plus que le transport), l'élimination des déchets (qui produit 1 200 tonnes de GES), les procédés agricoles et la poussière des routes. Le pollen et les moisissures, les odeurs, le bruit et le manque d'ensoleillement sont d'autres aérocontaminants qui ont une incidence sur l'écosystème et la santé humaine. Leurs effets sur la santé vont d'une simple nuisance à de graves problèmes respiratoires, neurologiques et immunologiques.